La solitude : moteur de créativité ?
Par Héloïse de Bienassis
Mar
24 / 01
2012
A l’heure où l’on ne jure que par l’open space, les conf call, les brainstormings, les meetings et autres réunions en tout genre, on commence finalement à s’apercevoir que le travail en équipe ne serait pas si stimulant que ça. C’est en tout cas ce que révèle Susan Cain* dans un article du New York Times.
En effet, cette dernière souligne que les plus créatifs d’entre nous seraient aussi les plus introvertis, ceux qui ont besoin de se retrouver seuls pour se concentrer sur la recherche d’idées. Ils sont souvent assez ouverts pour avancer des idées et échanger, mais requièrent aussi un fort besoin d’indépendance et d’individualité en amont qui stimulera leur créativité. Au cours d’une réunion collective, ce sont justement ces personnes qui vont avoir tendance à se mettre en retrait et à laisser les autres s’exprimer. Pas étonnant donc d’apprendre que les créatifs ont de piètres qualités managériales, selon une étude menée par des chercheurs de la Wharton School : « Les créatifs sont vus comme des gens peu clairs et bizarres, ce qui pose problème dans un rôle impliquant le commandement ». C’est le cas notamment de grandes figures comme Isaac Newton, Picasso ou Sigmund Freud. Ou pour citer un exemple plus récent, celui de Steve Wozniak, co-fondateur d’Apple : le décès de Steve Jobs (qui lui a permis de récolter tous les éloges pour son génie et ses qualités humaines reconnues) a totalement occulté le fait que son associé (Wozniak donc, vous suivez ?) était à l’origine de l’ordinateur personnel qu’il a inventé en 3 mois « tard le soir, tout seul chez lui ». Et ce dernier de conseiller : « Travaillez seul. Pas en comité. Pas en équipe ». Quand on voit les résultats du géant américain, c’est le genre de conseil qu’on aurait tendance à vouloir suivre !
Aujourd’hui, toutes les institutions fonctionnent en groupe : à l’école, dans l’entreprise, dans la religion, mais aussi sur la Toile avec l’avènement des réseaux sociaux et des communautés. Et à l’instar des saynètes racontées dans le livre de Thomas Zuber et Alexandre des Isnards « L’open space m’a tuer » (sorti en en septembre 2008), le concept de faire tomber les murs pour travailler le nez sur l’écran de son voisin aurait tendance à rendre les employés « hostiles, insécurisés et distraits ». Travailler en équipe peut donc être stimulant, encore faut-il que chacun dispose de son espace privé lui permettant d’arriver avec des idées sur lesquelles il aura planché au préalable, par souci d’efficacité.
Et comme le disait notre ami Picasso : « Sans grande solitude, aucun travail sérieux n’est possible ». Alors pour dénicher l’idée du siècle, n’abusez pas des «tempêtes de cerveaux», comme on les appelle par chez nous !
* auteure d’un livre à venir intitulé “Quiet: The Power of Introverts in a World That Can’t Stop Talking”.
Sources: nytimes.com, lexpress.be
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J’aime beaucoup votre approche et votre grain d’originalité car je me reconnais dans cette manière d’appréhender le métier au quotidien, j’aime travailler dans cette ambiance cordiale, voire drôle (soyons fous !), avec cette émulation entre équipe, le tout mâtiné de professionnalisme, d’enthousiasme, de mots qui font mouche, qui font plaisir aussi !









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