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Vous
êtes mytho ? Pas grave on vous aime !

Comme Malraux, vous pensez que « Tout aventurier est né d’un mythomane » ?

Vousêtes mytho ? Pas grave on vous aime !

La vie de Frank Abagnale Jr (Leonardo di Caprio) dans le film « Cath me if you can » (Arrête-moi si tu peux) vous fait rêver ?
Vous n’avez pas le culot d’aller si loin ?
OK.
Par contre, nous sommes de plus en plus nombreux à nous raconter des histoires, plus ou moins vraies, plus ou moins arrangées. De là à devenir des pros du story-telling ?

Narcisse et les médias sociaux

Tous les psychologues le disent : notre éducation axée sur la performance, le besoin de plus en plus vital de raconter notre intimité, de donner une image positive de soi, d’obtenir des like (parce qu’on est heureux quand on est likés) provoquent comportements compulsifs, faux sentiment de confiance, accoutumance et même problèmes de santé mentale.

Gérard Ouimet, psychologue et professeur à HEC Montréal, explique : « aujourd’hui on dit aux gens : fais ta place. Prends tous les moyens pour devenir le numéro un ! » alors que, dans les années 50, c’était « ferme ta gueule et reste à ta place ». Conséquence : la population compte moins d’inhibés et d’introvertis, mais plus de gens qui fonctionnent selon le principe du “Ôte-toi de là que je m’y mette”. »

Le phénomène du « quant-à-soi » ne fait que s’amplifier : dans le monde où il faut communiquer pour donner une image plus flatteuse que la réalité, le selfie est un exemple parlant. L’addiction aux réseaux sociaux aussi.
Le CV de même.

Des exemples de mythos qui n’ont pas froid aux yeux

Le besoin de se présenter sous son meilleur jour amène des dérives parfois difficiles à comprendre. Difficiles à déjouer. Et cela ne concerne pas que le jeune étudiant à qui l’on conseille d’allonger la durée de son stage sur son CV. Les mythos sévissent partout et parfois où on ne les attend pas.

A l’étranger, les mythos sont tous plus médiatiques les uns que les autres

L’américaine Tania Head, lors de l’attentat du 11 septembre, témoigne comme une héroïne : elle était dans la tour sud lors des deux impacts du World Trade Center, a été sauvée par un pompier héroïque (décédé), a fait 5 jours d’hopital et y a perdu son fiancé. C’est ce qui lui a permis d’obtenir la présidence du réseau des survivants du WTC, rencontrant par le fait de nombreuses personnalités, comme le maire de NYC. Ce n’est que 6 ans plus tard que le New York times démasque l’imposture : elle n’était pas au WTC ce jour-là, n’avait pas de fiancé, pas de diplôme de Harvard ni Stanford, etc. L’histoire a été inventée de toutes pièces.

En Israël, c’est certainement les déclarations d’Estérina Tartman, promue ministre du Tourisme, qui ont précipité sa chute : elle a expliqué recevoir une pension d’invalidité de 500 000 euros suite à un accident de voiture, ce qui l’empêchait de travailler plus de 4 heures par jour ! Les médias ont été rapides pour démontrer qu’elle ne possédait ni licence ni master comme elle le disait.

Dans le monde merveilleux des mythos et leurs jobs, la France n’est pas en reste

Nous aussi on a eu notre mytho des attentats du 13 novembre 2015 : une fausse victime présumée a été condamnée à 2 ans de prison, dont 6 mois ferme, pour « escroquerie » et « faux témoignage ». Elle s’était présentée comme la porte-parole des victimes des attaques des terrasses.

Connaissez-vous l’histoire de Régine Labeur, psychologue experte auprès des tribunaux, et même en cour d’assises ? Après plus de 400 rapports criminels fournis, alors qu’elle n’a jamais possédé les diplômes requis, elle a été dénoncée par son mari.

Misha Defonseca, par contre, vous devez connaître : elle est l’auteur du best-seller international « Survivre avec les loups » traduit en 18 langues. Il s’agit de l’histoire d’une petite fille qui traverse toute l’Europe à pied pour retrouver ses parents déportés, adoptée par des meutes de loups. Une histoire autobiographique qui s’est révélée être complètement fausse et qui lui a coûté 22 millions d’euros en procès. Un comportement dû aux difficultés de sa petite enfance. Boris Cirulnyk explique : « quand le réel est fou, un enfant se réfugie dans la mythomanie ».

Sylviane Hamon, ex-conseillère de banque surnommée la « Madoff de Touraine », a soutiré 3 millions d’euros à une cinquantaine de proches et membres de sa famille. Elle vient d’écoper de 4 ans de prison dont 18 mois avec sursis…

Chez les politiques, il ne s’agit pas de pathologie (quoique), plutôt de donner la plus belle image de soi possible.
On se souvient de Rachida Dati qui avait fait beaucoup parler d’elle avec son diplôme HEC qu’elle n’a jamais eu.
Geneviève Fioraso, ex-ministre en charge des universités, expliquait que c’était une erreur de biographie qui lui attribuait une maîtrise d’économie qu’elle n’a pas.

Pinocchio

Mais, pour nous qui travaillons dans le recrutement, la palme revient tout de même au Directeur de l’Ecole Centrale qui, grâce à un CV citant l’Ecole Normale supérieure, agrégation et doctorat en mathématiques… a été choisi par la majorité du conseil d’administration.
Or, il n’a jamais cotôyé l’ENS ; il a fait une modeste école normale… d’instituteurs.

Notre préféré reste Jean-Philippe Gaillard : « ancien officier, pilote de chasse de la marine et ingénieur de l’école nationale de l’aviation civile », il a participé à « presque tous les conflits armés » de ces dernières années, aussi bien dans le Golfe qu’en ex-Yougoslavie ou au Liban.
Ce qui lui a valu d’obtenir le poste de Directeur de l’aéroport international de Limoges.
En fait, cet homme qui bénéficie d’un fort capital sympathie est un multi-récidiviste. De 1994 à 2011, il a endossé successivement le rôle du policier, du commissaire divisionnaire, du commercial… et même du rugbyman professionnel !
Notre Franck Abalagne Jr à nous quoi !

 

Une maladie que l’on aime

La mythomanie est en fait une pathologie qui se définit par un recours aux mensonges sans même en avoir conscience, elle peut être une simple maladie comme un signe de déséquilibre mental (névrose, psychose).
Ouf, cela ne nous concerne pas. Ah bon ? La limite entre mythos et réalité est pourtant de plus en plus fine, notamment dans nos usages des réseaux sociaux, dans la glorification de nous-mêmes et bien sûr dans la recherche d’emploi. Donner une image positive de soi pour convaincre nous apparaît comme nécessaire dans cette course au pouvoir qui est la nôtre, alors tant pis si cela inclut d’arranger quelque peu son histoire personnelle.

La fascination pour les escrocs

Les escrocs ont toujours été populaires, cela a existé de tous temps. On apprécie particulièrement ceux qui donnent vie à leurs rêves, ceux qui osent et cassent les codes, qui ont pris des risques sans tuer personne, ceux qui contournent le système. Avec un certain culot (qu’on aimerait bien avoir pauvres que nous sommes).
Se considérant eux-même comme des Arsène Lupin des temps modernes, certains gagnent même de l’argent à se raconter dans leurs biographies : Christophe Rocancourt (« Moi, orphelin, play-boy et taulard », et « Je plaide coupable ») ou Bethany Storro (« Facing the truth ») en sont de bons exemples.

Dans notre monde stone dans lequel on demande tellement de contacts avec les autres et tellement d’amour, les mythomanes ont une place à part.
Hors-la-loi mais sympathiques.
Culottés mais admirés.
Enviés mais critiqués.
Paradoxal non ?

Sources : Le Monde, Alternatives économiques, New York times, Atlantico
Copyright : Disney

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