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Formation
professionnelle : et si on réformait les mentalités ?

Formation professionnelle : après 2004, 2009 et 2014, une nouvelle réforme est à l’étude. Pourquoi c’est nécessaire ? Faut-il tout jeter ?

Formationprofessionnelle : et si on réformait les mentalités ?

« Opaque, inégalitaire, inefficace » ce sont les mots du Chef de l’Etat pour qualifier le fonctionnement de la formation professionnelle.

Que prévoit la réforme en cours ?

On se souviendra de l’objectif « 500 000 formés » de la précédente réforme, et aussi de la concession de ce nouvel objectif aux Régions. Ceux qui ont suivi de plus près ce sujet à l’époque se remémoreront que certaines Régions s’étaient fait tirer l’oreille pour accepter de piloter le budget de cette formation professionnelle, dopée aux déclarations plus qu’aux moyens alloués.

Alors, comme le notait récemment un quotidien économique, la réforme du Gouvernement actuel sera-t-elle « la mère de toutes les réformes » ?

Les principales propositions connues et en cours de négociation en vue d’être soumises à la session parlementaire du printemps 2018, sont plutôt ambitieuses :
– Le CPF (compte personnel de formation) est maintenu, mais serait « survitaminé » (les dotations se feraient en euros et non plus en heures) ;
– Le système des listes de formation (à la discrétion des DRH et de Pôle Emploi) serait aboli ;
– Les organismes de formation devront être labellisés (comprendre : évaluées par un organisme indépendant) et auront pour obligation de communiquer sur leurs performances (impact sur les compétences, le retour à l’emploi, le gain de rémunération, …).

Libéralisation et individualisation, mais aussi…

Ce sont les 2 objectifs inscrits au fronton du projet de réforme, mais en scrutant les propos des tenants du projet, on comprend que les visées du Gouvernement sont de plusieurs natures :
– Un rééquilibrage : faire en sorte que les formations bénéficient prioritairement aux actifs les moins qualifiés ;
– Une remise à niveau : en confiant l’évaluation des organismes de formation à une agence indépendante (dont les contours sont encore à préciser) les Pouvoirs publics veulent y voir plus clair sur la capacité à faire des quelque 66 000 organismes déclarés en France (N.B. : seulement 8 500 d’entre eux en font la leur activité principale ou exclusive) ;
– Un rattrapage : on peut comprendre entre les lignes des déclarations que le Gouvernement entend reprendre la main sur le volet de la formation continue par rapport aux Régions ;
– Une clarification : les conditions d’accès et de financement sont trop peu connues et souvent opaques.

Evidemment l’objectif in fine est que le salarié ou demandeur d’emploi soit davantage acteur de sa formation ou ait en tout cas les moyens de mieux s’informer pour mieux décider.

La réforme saura-t-elle gommer les travers persistants ?

Vouloir rééquilibrer la formation vers les moins diplômés est équitable et nécessaire.

Comme différentes études l’ont montré, la formation professionnelle continue est majoritairement « consommée » par les salariés les plus diplômés, avec une très forte proportion de publics issus des grandes entreprises, au détriment des PME et TPE.

Par suite, les formations les plus prisées par ces publics se situent sur le registre du développement personnel et du management, au détriment des formations techniques et technologiques.

Le corolaire de cet état de fait est une offre de formation de la part des organismes agréés qui suit la courbe de cette demande. En conséquence, les catalogues de formation varient peu d’année en année, renforçant ainsi ce cercle peu vertueux, mais sans doute plus rentable car il évite de concevoir trop de nouvelles sessions sur de nouvelles thématiques.

Une sorte de récurrence forcée à laquelle participent implicitement nombre de DRH qui chaque année privilégient la même préconisation dans les listes de formation : on y rencontre quelques « best-sellers » que chaque salarié reconnaitra.

 

Alors oui, cette réforme est nécessaire mais elle va rencontrer des freins à tous les étages, car les habitudes ont la vie dure, et les principaux intéressés eux-mêmes (salariés et demandeurs d’emploi) ont parfois peu conscience des possibilités que pourrait leur offrir la formation professionnelle continue.

On connaît les effets souvent décevants de différentes réformes. Alors a-t-on bien exploré les causes ?

Les Pouvoirs publics ont-ils vraiment les moyens d’actionner tous les leviers pour arriver à toucher et à sensibiliser les principaux intéressés ?

Des questions légitimes dans un pays qui, depuis des décennies, « sacrifie » la valorisation des compétences terrain (la VAE n’étant qu’un pis-aller) à la reconnaissance des diplômes de formation initiale, et sous-valorise l’apprentissage au détriment des filières scolaires classiques.
Alors la question est posée : peut-on réformer les mentalités ?

Pierre Fullenwarth, rédacteur, contributeur Elaee.

Pour approfondir la question :
Formation professionnelle : le CPF n’a pas changé la donne > Le Figaro économie
Formation professionnelle : coup d’envoi de la réforme > Le Journal du net
Guide de la réforme en version PDF > travail-emploi.gouv.fr

 

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