Le Magazine

Acadomia vend le bac à 3000 €, satisfait ou remboursé

Acadomia vient de lancer une campagne qui fait grand bruit : elle propose…

Acadomia vient de lancer une campagne qui fait grand bruit : elle propose d’accompagner les élèves de terminale par le biais de cours particuliers, d’évaluations, et de stages intensifs pour leur faire obtenir le bac.
Jusque-là, rien de choquant. Mais le leader français, à l’image des grandes marques de la distribution, s’engage à rembourser les 3000 € investis si l’élève n’obtient pas son bac à la fin de l’année. Pour cette opération baptisée « bachelier ou remboursé », 320 parents ont déjà signé en 1 semaine.
Et là, grand dam, tout le monde s’insurge !

Soyons réaliste, ce fameux bac « que tout le monde a » (disent les anciens) avec son taux de 86% de réussite, n’est-il pas déjà un exemple parfait de manque d’égalité des chances ?
Un jeune qui suit ses études dans le privé ou qui bénéficie de cours particuliers n’est-il pas déjà favorisé ?
Nous sommes dans un monde où tout s’achète et tout se vend, rien de neuf sous le soleil.

Alors certes, Jules Ferry se retourne dans la tombe, mais il faut reconnaître que la pub Acadomia fonctionne. D’autant plus qu’elle est parfaitement marketée. En effet, les parents ne sont remboursés, en cas d’échec, et à la condition sine qua none que l’élève ait été assidu, qu’à hauteur de leur investissement, c’est à dire 1770 € (montant total moins l’exonération d’impôts). Donc un risque très limité pour Acadomia qui montre là comment profiter de l’angoisse des parents en parlant résultats. Chose que ne sait pas faire, il faut bien le reconnaître, l’éducation nationale.

Ce qu’il aurait été intéressant de connaître, c’est le pourcentage d’élèves bénéficiant déjà d’un soutien scolaire parmi les 86% d’heureux élus non ?

Source : Le Monde

3 commentaires sur “Acadomia vend le bac à 3000 €, satisfait ou remboursé”

Pétronille dit :

Heureusement qu’il reste des personnes pour qui tout ne se vend pas. L’AFEV, l’Association de la Fondation Etudiante pour la Ville, met en relation des étudiants bénévoles et des jeunes (ou enfants) de quartiers populaires afin de les accompagner dans leurs scolarité et surtout de leur faire découvrir une "autre" ville, en dehors des quartiers.
Un peu plus qu’Acadomia en somme…

Plus d’infos sur http://www.afev.org

/Olivier dit :

En effet, quelle animation à eCommerce Paris non 😉

/Olivier

Philippe dit :

Bonjour,
Je trouve en effet assez déroutant cette tendance forte à voir la pression du business et de l’argent cerner de plus en plus le monde de l’école : il semble dès lors que celle ci soit déjà perçue par certains comme un nouvel eldorado.
Dernière expérimentation en date : la rémunération de l’assiduité des étudiants pour financer des projets.
Me concernant, en tant que président d’une asso de parents d’élèves, je vois se développer le nombre des associations qui viennent proposer leurs services, payants naturellement, d’accompagnement des enfants après l’école.
Le système est extrèmement pernicieux car il rencontre en fait plusieurs attentes : d’une part, comme vous l’avez justement mentionné, le stress de l’obligation de performance que posent les parents sur leurs enfants.
Il rencontre malheureusement aussi le stress des parents lié à leur propre rythme professionnel : l’idée de déléguer l’épisode fastidieux des devoirs en fin d’après midi après sa propre journée de travail devient quelque chose de particulièrement attrayant.
Notre modèle de vie sociale a déjà connu une énorme mutation ces 10-20 dernières années. J’ai un peu peur que ce soit aujourd’hui le modèle familial qui en sorte une fois de plus affaibli.
PS : J’ai bien aimé la référence aux extraits du livre de Mohammad Yunus. Il y a beaucoup de vérités dans ses propos.
Cordialement

Laisser un commentaire

Les fiches métiers

Fiches Métiers

Je dépose mon CV

Déposer

Toute peine mérite salaire

Rémunération, salaire, paie… autant de gros mots qui sont tabous en France, même dans les métiers de la création, de la communication, du marketing et du digital.

Votre salaire en 3 étapes