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L’âge,
une discrimination qui concerne chacun d’entre nous

ou comment lutter contre une discrimination qui s'appelle âgisme.

L’âge,une discrimination qui concerne chacun d’entre nous

Ne dites pas vieux dites expérimenté.e

Dans une société obsédée par la jeunesse mais, paradoxalement, marquée par le vieillissement de sa population – 15 millions de personnes ont plus de 60 ans en France aujourd’hui –, les discriminations liées à l’âge sont pourtant une réalité. Elles sont d’ailleurs regroupées sous le nom de « âgisme ». Faites-vous partie des gens qui luttent contre leurs manifestations et leurs conséquences ?

Les discriminations liées à l’âge et leurs conséquences

Préjugés et stéréotypes sont, comme pour toute discrimination, à l’origine de l’âgisme. Ils sont véhiculés par le monde du travail, les médias, la société de consommation, la publicité, et parfois nous-mêmes sans que l’on s’en rende bien compte… On les retrouve dans de nombreux domaines où l’on oppose, en creux et en leur défaveur, les seniors à la jeunesse qui est elle, auréolée de toutes les qualités : santé, beauté, performance, audace…

En écho, des termes particulièrement durs, parfois violents, sont associés à l’âge : vieux, dépendance, sénilité, grabataire, démence…

Il en résulte des attitudes de mépris et des comportements discriminants envers les plus âgés avec des conséquences néfastes, qu’elles soient concrètes (exclusion ou difficulté d’accès à certains services tels que les prêts bancaires, la location d’une voiture, les démarches dématérialisées…) ou psychologiques (intériorisation de l’image négative qui leur est renvoyée, découragement, sentiment d’être une charge…). Stigmatisées, rejetées, infantilisées, les personnes âgées ont tendance à se dévaluer et à se replier sur elles-mêmes. Plusieurs études démontrent également que l’âgisme se répercute négativement sur la santé et peut réduire l’espérance de vie des individus discriminés.

Emploi et âgisme, une dure réalité

L’un des domaines qui illustre parfaitement les effets négatifs de cette exclusion est celui de l’emploi. La France, notre pays de liberté « patrie des Droits de l’homme », connaît ainsi, à ce jour, l’un des taux d’emploi des seniors les plus bas d’Europe. C’est le fruit de la conjonction de plusieurs éléments comme par exemple des politiques publiques ayant favorisé trop longtemps le retrait des seniors du marché de l’emploi au profit des autres tranches d’âge, ou une gestion des ressources humaines par les entreprises qui les évincent en les jugeant moins performants et trop coûteux.

En Europe le motif de discrimination le plus répandu reste l’âge.

Le problème est bien connu dans le monde de la communication où les profils « seniors », c’est-à-dire ceux ayant dépassé les 40 ans, ont du mal à garder place et estime dans un monde du travail qui prône le jeunisme (« Les jeunes sont plus intelligents » a dit Mark Zuckerberg). Il n’est pas rare d’entendre des préjugés tels que : les jeunes comprennent mieux les jeunes, la créativité et la souplesse d’esprit sont plus grandes chez les jeunes, … L’âgisme est un vrai problème, surtout dans les domaines de la publicité, du digital, et des start up où il n’est pas rare d’entendre des arguments discriminants comme : les seniors ont du mal avec les nouvelles technologies, ils tombent plus souvent malades, ou coûtent trop chers à l’entreprise…

Luttons-nous contre la discrimination de l’âgisme ?

Bien que cela puisse être difficile à admettre, il y a de grandes chances que chacun d’entre nous ait déjà été discriminant. En plus des croyances citées quelques lignes plus haut, il y a parfois des mots ou des attitudes tout simples qui se révèlent être des discriminations.  Exemple : si on s’adresse à des personnes âgées en utilisant des termes comme « petite madame «  (inversant le lien parent-enfant, preuve de condescendance). Ou en ne les incluant tout simplement pas dans nos discussions.

Déconstruire les clichés et soutenir l’emploi des seniors

Conscients de la nécessité d’agir dans un contexte de transition démographique bien identifiée, les pouvoirs publics ne sont pas restés inactifs ces derniers mois. Un rapport parlementaire publié récemment « Réussir la transition démographique et lutter contre l’âgisme » propose ainsi un ensemble de 85 solutions très concrètes pour améliorer la place et l’image des aînés dans la société (création d’écoles du numérique, suppression des seuils d’âge, développement de la cohabitation intergénérationnelle…).

La question de l’emploi des seniors n’a pas été oubliée et a donné lieu à une évolution des politiques de l’État qui a développé différents dispositifs favorisant l’embauche ou le maintien des seniors dans l’emploi : le CDD Senior, par exemple, permet à un demandeur d’emploi de 57 ans et plus d’être embauché pour une durée allant jusqu’à 36 mois à la différence des CDD de droit commun ; de même le dispositif d’aide différentielle au reclassement ne voit pas sa durée limitée si son bénéficiaire est un senior de plus de 50 ans.

Parallèlement à ces dispositifs ciblés, qui interviennent a posteriori et ont l’effet pervers de participer à une forme de stigmatisation des seniors, la volonté de favoriser leur maintien dans l’emploi a conduit les pouvoirs publics à se tourner vers d’autres types de mesures plus en amont comme la sensibilisation des entreprises à la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) et à l’amélioration des conditions de travail en vue du « bien vieillir » dans l’emploi. Un rapport remis début 2020 au Premier ministre « Favoriser l’emploi des travailleurs expérimentés », dont l’intitulé positif est à noter, développe de nombreuses pistes : la valorisation des savoirs issus de l’expérience, le rééquilibrage de l’effort de formation continue au profit de la transition vers une « seconde carrière », la facilitation des mobilités en interne et des transitions entre « pleine activité » et « pleine retraite ».

Voir les atouts acquis par le nombre d’années

L’expérience le montre :  une reconversion professionnelle peut réussir à tout moment de la vie active, y compris après la cinquantaine, à condition d’en avoir la motivation suffisante et de vaincre appréhensions et clichés. Dans un contexte plus favorable aujourd’hui où les entreprises évoluent, l’âge peut en être un atout tant compétences, maturité, expérience et connaissance de l’entreprise peuvent lui être associées.

Léa Calvez
Contributrice Elaee
https://www.bonjoursenior.fr/

 

© campagne pub de l’association québécoise de gérontologie

 

 

 

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