Que l’on soit Directeur.trice de communication, Digital manager, Chef de projet, DA, Responsable e-commerce, CMO, Social Media manager, Chargé.e de communication, Growth hacker, Directeur.trice conseil ou même patron d’agence associé.e, difficile de savoir si sa rémunération est cohérente avec le marché…

Vous le savez, nos métiers sont profondément impactés par la digitalisation des entreprises qui crée de nouvelles fonctions, et par le changement de la relation entre les marques et les consommateurs. Mais le marché de l’emploi est aussi durement remis en cause en raison de la crise sanitaire. Il est d’autant plus intéressant de pouvoir étudier les grilles de salaires actuels sur les marchés de la communication, du digital et du marketing,

Elaee, cabinet de recrutement spécialisé et élu numéro 1 sur ces métiers, créé en 2007, propose une mise à jour de sa grille de salaires sur 180 intitulés de fonction. Les chiffres sont issus des propres statistiques du cabinet (notamment sur les salaires à l’embauche), validés par le recoupement avec différentes études sur les rémunérations (Insee, Apec, guide des salaires, etc.).

Question à Claire Romanet :
« D’abord votre avis de recruteur spécialisé sur le marché digital / marketing / communication ? »

En termes de recrutement , l’état actuel du marché est complexe.

L’Apec communique en octobre 2020 sur un volume d’embauches cadres bien inférieur aux prévisions : 30 à 40% d’intentions d’embauches en moins. Même si les chiffres avant-Covid en janvier avaient atteint un chiffre historique de 297 000, le choc est bien là sur le marché de l’emploi.
Dans nos métiers de communication, marketing et digital, certains secteurs, à l’instar de l’événementiel, n’ont guère de perspectives d’embauche pour l’instant et la crise va être mortifère.
Pourtant, certains postes connaissent une actualité positive. Exemples ? Les fonctions liées au e-commerce (Responsable e-commerce, Responsable acquisition, CRO, …) et au marketing digital (Responsable communication digitale, Expert SEO, SEA ou social media, Responsable contenus, …) nécessitent des embauches.
Sur les postes en communication, qu’elle soit corporate, de crise ou produit, nous avons aussi des demandes. Nous témoignons de ce que l’on connaît : au sein de notre cabinet, après un arrêt assez marqué fin mars (qui nous a permis de mettre à jour cette grille de rémunération dont la dernière version datait de janvier 2018, mais aussi de réécrire les fiches métiers), l’activité a repris son niveau précédent.

Pour nous, ce sont les fiches de postes avec les critères prioritaires et les attentes des futurs employeurs qui nous donnent les tendances.

Il en résulte que nous voyons clairement que les projets de recrutement portent principalement sur 3 vecteurs :
– la digitalisation (des tâches, des flux de production et des métiers),
– les contenus (avec la force toujours vive des réseaux sociaux),
– et la connaissance client, via la data.
Ces savoirs sont au cœur de la transformation numérique des entreprises et des dialogues entrepris avec les consommateurs / clients.

Notez que nous ne citons pas, volontairement, deux vecteurs qui sont (trop à notre goût) largement médiatisés.

L’intelligence artificielle tout d’abord. Quand les médias nous la montre comme inquiétante voire terrifiante parce qu’elle va à court ou moyen terme remplacer nos jobs, on oublie un peu vite qu’elle fait déjà partie de nos vies. Que ce soit avec les algorithmes de Google, votre outil de CRM, le SEO ou le machine-learning, elle est déjà bien intégrée dans bon nombre de nos métiers.

Autre épiphénomène : le CHO (Chief Happiness Officer) est à lui seul un mythe qui fait beaucoup rêver. Vu par les communicants comme le Graal d’une carrière (ne s’agit-il pas de communiquer pour rendre les gens heureux ?), force est de constater qu’il ne crée pas réellement d’emploi. Les postes de CHO restent très (très) rares et ceux que vous pouvez croiser sont, dans de nombreux cas, une manière très positive (ah, la force de la sémantique !) de décrire un job de Chargé.e de communication interne.

Au global, le marché du digital, du marketing et de la communication est aussi mouvant que déséquilibré.

Certaines entreprises meurent, d’autres explosent et la situation économique sans visibilité génère un niveau de stress très important question emploi.
Le marché de la communication, du marketing et du digital subit lui aussi la crise, après avoir connu des mutations très fortes dues au numérique (pensez par exemple aux changements des métiers des relations presse ou de l’achat d’espaces). En même temps un autre facteur émerge : la valeur de sens accordée à son travail. Entreprises comme candidats s’interrogent de plus en plus sur la vertu, l’utilité, le bon sens et l’impact positif de leurs actions. Et se posent des questions : Quel but atteindre autre que faire du profit ? Comment s’engager en RSE ? Quel management responsable ? Quel usage des données d’un point de vue éthique ? Comment aligner le discours avec les actes ? Quelles priorités dans la répartition des actions ?

Quels sont les enseignements de ce nouveau panorama des salaires dans le digital, le marketing, la communication et la création ?

Ces secteurs sont de plus en plus interdépendants et s’imbriquent les uns avec les autres.
Les chiffres de la grille de salaires Elaee sont le reflet d’un marché qui bouge rapidement et où les fonctions, comme les missions s’y rattachant n’ont jamais autant mélangé, combiné, associé, réuni, infusé les mots : création, communication, marketing, digital et vente.
Les frontières sont donc de plus en plus diffuses, d’autant que tous les descriptifs de postes ont dorénavant au moins une mission liée au digital.

Par contre, nous remarquons que les fonctions se partagent dorénavant en deux grandes catégories, axées sur les savoir-faire que sont la polyvalence ou l’expertise.

Les premiers profils, les polyvalents ne sont autres que les fameux moutons à cinq pattes qui, maintenant, en comptent douze. On pourrait penser que, comme les fiches de postes cumulent souvent plusieurs métiers et nécessitent, tout autant que de nombreux savoirs, une très grande flexibilité, ils soient les mieux payés.

Ce n’est malheureusement pas le cas, hormis pour les postes de haut niveau encadrant des équipes importantes, car le salaire est lié au type d’entreprise. Or, ces profils polyvalents concernent surtout des postes à pourvoir au sein des TPE et PME/PMI. Ces dernières emploient, d’après l’Insee, près de la moitié de la masse salariale en France et n’ont malheureusement pas les moyens financiers suffisants pour valoriser cette polyvalence. D’ailleurs, certaines petites entreprises n’ont encore pas intégré l’atout commercial que représente un poste communication / marketing / digital.

Cela explique que certains postes polyvalents n’ont guère évolué en termes de rémunération (chiffres données pour 3 à 5 ans d’expérience sur ces postes en bruts annuels), à l’instar des Chargés de communication (33 à 36K€), des Chefs de produit (42 à 48K€) ou autres Chefs de projet, print par exemple (30 à 36K€).

Les seconds profils, les experts, sont de plus en plus demandés au sein des équipes communication, marketing ou digital, en raison des savoirs émergents de plus en plus complexes. Citons quelques leviers où la spécialisation, portée par la connaissance client, devient nécessaire : la data analyse, le CRM, l’UX/UI, le SXO, le social media (dont le BtoB), le growth hacking, etc.
Au sein de cette catégorie composée de spécialistes, nous pouvons distinguer deux groupes. D’une part ceux que nous appellerons « les opérationnels », qui correspondent à des profils techniques capables de produire efficacement. Et d’autre part « les stratèges » qui eux sont plus en amont sur les choix stratégiques des outils et moyens (et sont beaucoup moins « hands on » ou « doers », pour citer deux appellations très tendance pour dire « les mains dans le cambouis »). Ce sont bien sûr ces derniers qui tirent les meilleures épingles du jeu en termes de rémunération.

Voici des exemples de salaires constatés qui ont augmenté, avec 3 à 5 ans d’expérience sur ces postes, en brut annuel :
– les product owners  (55 à 60K€), les responsables e-commerce (50 à 60K€, voire plus s’ils ont de bonnes références en génération de leads), les CRO managers (48 à 55K€), les Growth hackers (50 à 55K€), les UX/UI designers (48 à 54K€) et les experts en contenus (42 à 46K€) et/ou inbound marketing (50 à 55K€).

Comment utiliser la grille de salaires Elaee

Le résultat de salaire exprimé est une moyenne, nous avons fait le choix de ne pas donner des fourchettes de salaires trop larges, de façon à être le plus clair possible.
La moyenne sous-tend qu’il y a des indicateurs qui peuvent jouer favorablement ou non. Nous en avons sélectionné 2 qui sont des vecteurs importants : la localisation du poste et la typologie d’employeur.

En ce qui concerne la localisation, décision a été prise de scinder entre Paris et province, même s’il existe des villes où le niveau de vie peut être proche de celui de la capitale (on pense à Annecy par exemple), ou que les salaires sont quasiment aussi valorisés qu’à Paris (Lille par exemple).

De même sur la typologique d’employeur, nous avons fait un choix qui nous paraît cohérent avec le marché. Entre agence / cabinet conseil et entreprise, l’internaute doit pouvoir trouver sa réponse. Considérons que les associations, institutions ou les distinctions entres TPE, PME/PMI, ETI se retrouvent dans l’intitulé Entreprise.

Enfin, nous attirons votre attention sur le fait que le résultat correspond à 3 à 5 ans SUR CE POSTE, cela ne veut pas dire 3 à 5 ans post-diplôme, ni 3 à 5 ans sur une autre fonction mais bien l’exercice du métier cité durant ce laps de temps.
Autrement dit, si on prend l’exemple du Directeur de communication, le salaire affiché correspond à 3 à 5 ans d’expérience dans la fonction de Directeur de communication, ce qui sous-tend que l’expérience totale doit être entre 8 et 15 ans d’expérience.

Dernière chose, ces moyennes concernent des salaires d’hommes et de femmes. Il convient donc d’avoir en tête cet écart, même si les chiffres différent.
L’Insee confirme que les femmes du secteur privé gagnent en moyenne 16,8 % de moins que les hommes, tous secteurs confondus. Si on tient compte des temps partiels et contrats précaires concernant les femmes, leur rémunération perçue est en moyenne inférieure de 28,5 % à celle des hommes.
L’Apec annonce une différence de 20,3% pour le secteur de la communication et de la création, avec un salaire médian de 48.100 euros pour un homme et de 40.000 euros pour une femme.
L’association Com-Ent, elle, indique que l’écart des rémunérations femmes-hommes est passé de 23% en 2016 à 19% toutes fonctions confondues dans le secteur de la communication, pourtant largement féminisé.

Pour utiliser la grille de salaires, rien de plus simple

Vous cliquez sur Parlons salaire : combien je vaux et vous choisissez votre métier, votre localisation et la typologie de votre employeur.

N’hésitez pas à commenter, toute information nous intéresse afin de restituer un panorama le plus juste possible.

3 commentaires sur “Salaires 2020 – 2021 en digital, marketing et communication”

Avatar Virginia dit :

Je vous remercie pour cet article !
Je suis actuellement à la recherche d’un emploi (premier depuis mon master com, mais j’ai été en freelance pendant 1 an, en 2019 après mon diplôme) et je ne savais plus trop comment répondre lors d’un entretient à la question « quelles sont vos prétentions salariales ? » Tant la situation actuelle rendait la chose difficile.
Bien que votre article concerne les salaires des communicants avec 3-5 ans d’expérience, je visualise mieux la tranche maximale que je peux prétendre avec mes 2ans d’expérience en tant que chargée de com.

Concernant les projets de recrutement, j’avais également remarqué la tendance vers le marketing de contenu et la hausse du digital avec la montée en puissance du secteur du e-commerce pendant le confinement. C’est la raison pour laquelle j’ai profité de cette période pour suivre une formation sur le marketing digital. Je songeais aussi à suivre une formation « storytelling », « brand content » ou autre… mais je n’étais pas vraiment convaincu de l’avantage que la formation apporterait à mon projet professionnel.
Maintenant, grâce à vous, j’en suis convaincu !

Ravie que cet article et cet outil vous soient utiles @Virginia

Avatar Pascalb dit :

Pile poil ! j’étais justement en train de me demander si mon salaire était cohérent avec mon job et ça marche (parce que je suis 1K au-dessus du montant affiché) 😉
merci Elaee pour tout ce que vous donnez à lire, j’apprécie bp votre ton et votre transparence. Bravo à toute l’équipe et à bientôt pour mon futur job (pour l’instant tout va bien merci).

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