Le Magazine
Une petite énigme toute simple qui va vous apprendre des choses… sur vous
… la façon dont vous allez la chercher.
Allez, on joue ?
Trouve ce qui est :
• Mieux que dieu
• Pire que le diable
• Les pauvres en ont
• Les riches en ont besoin
• Si on en mange, on meurt
Alors ? Quelle est la réponse ?
Prenez quelques secondes avant de continuer. Vraiment.
Parce que ce qui nous intéresse ici n’est pas seulement votre réponse. C’est ce que vous venez de faire pour essayer de la trouver.
Vous avez foncé ? Réfléchi ? Douté ?
Peut-être que la réponse vous a sauté aux yeux.
Peut-être que vous avez cherché une logique mathématique, philosophique, grammaticale.
Peut-être que vous avez relu trois fois.
Peut-être que vous avez pensé : « Elle est nulle, cette énigme. »
Ou peut-être que, soyons honnêtes, vous avez déjà ouvert un autre onglet pour chercher la réponse.
Et c’est précisément là que cela devient intéressant.
Car face à un problème qui semble simple mais qui ne l’est pas tout à fait, nous n’avons pas tous le même réflexe.
Certains foncent. D’autres analysent. Certains demandent un indice. D’autres changent complètement d’angle. Certains se jettent sur une IA. D’autres préfèrent ne pas décider tant qu’ils n’ont pas toutes les informations.
On ne va pas juger. Aucun de ces comportements n’est intrinsèquement meilleur que les autres. Tout dépend de ce que vous avez à décider.
Un employeur décide rarement avec toutes les cartes en main
Choisir un directeur, arbitrer entre deux profils, lancer un projet, investir dans une nouvelle technologie, confier un budget à une équipe… On aimerait bien avoir toutes les informations avant de trancher. Mais vous savez que ça n’arrive jamais, pour telle ou telle raison (genre un nouveau gros client qui génère de nouveaux besoins, un marché qui évolue avec des concurrents agressifs, une équipe de direction qui n’est pas d’accord sur le profil de poste à recruter, etc.).
Alors, ce qui compte chez un décideur, plus qu’avoir raison, c’est sa capacité à fonctionner dans l’incertitude.
Savoir poser la bonne question.
Savoir écouter un avis différent.
Savoir décider avec 80 % des informations plutôt que d’attendre éternellement les 20 % manquants.
Et surtout, savoir reconnaître qu’une décision était mauvaise… pour pouvoir en prendre une meilleure ensuite.
La réponse n’est peut-être pas le plus intéressant
Revenons à notre énigme. Vous avez trouvé ?
La réponse est « rien ».
Oui, c’était ça. Mais avouez que le plus intéressant n’était finalement pas de trouver le mot. C’était votre chemin pour y arriver.
Et c’est une petite différence qui change beaucoup de choses lorsqu’on est employeur.
Parce qu’en entreprise, on peut facilement être impressionné par celui qui répond vite, rassuré par celui qui maîtrise son sujet sur le bout des doigts ou séduit par celui qui a réponse à tout.
Mais parfois, le meilleur interlocuteur est celui qui dit :
« Attendez. Il nous manque une information. »
Ou :
« Je ne suis pas d’accord. Voilà pourquoi. »
Ou encore :
« Je ne sais pas. Mais je sais comment aller chercher la réponse. »
(celle-là on l’adore !)
Et cette capacité de réponse, on est d’accord, ça ne se trouve pas sur un CV.
Petite énigme, grande leçon de management
L’énigme de Stanford ne permet évidemment pas de savoir si quelqu’un sera un bon manager, un bon directeur marketing ou un bon entrepreneur.
Et heureusement. Une devinette ne résume pas une personne.
Mais elle nous rappelle quelque chose d’utile : notre manière de chercher une solution en dit parfois davantage que la solution elle-même.
Prenons l’exemple concret d’une réunion de travail. Observez ce qui se passe quand le problème n’a pas de réponse évidente.
Qui pose des questions ?
Qui reformule ?
Qui propose une première hypothèse ?
Qui écoute celle des autres ?
Qui ose dire « je me suis trompé » ?
Qui transforme un « on ne peut pas » en « comment pourrait-on faire ? »
(vous avez vu que, là aussi, on a mis notre réponse préférée en dernier sur la liste).
Voilà plein de choses autrement intéressantes à observer quand on dirige une équipe. Et on n’a pas besoin de questionnaire à 147 questions, ni de grille de personnalité en 32 couleurs. Juste un peu d’attention.
Et vous, qu’avez-vous fait ?
Alors, la prochaine fois que vous serez face à une décision compliquée, amusez-vous à observer non seulement ce que vous décidez, mais comment vous décidez.
Et faites la même chose avec votre équipe. Pas pour coller des étiquettes. Pas pour distribuer des bons et des mauvais points. Mais pour mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre quand il faut avancer sans avoir toutes les réponses.
Parce que savoir quoi faire quand on n’a pas la réponse, ça, c’est une sacrée compétence.
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