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Le travail féminin, oui. La paie qui va avec, pas toujours.
En 2007, Elaee titrait déjà : « Les salariés gagnant moins que le Smic sont à 80 % des femmes ». Près de vingt ans plus tard, le problème a changé de chiffres. Pas vraiment de nature.
Les femmes travaillent.
Beaucoup.
Mais elles restent largement majoritaires dans les emplois à temps partiel, les métiers les moins rémunérés et les situations de sous-emploi.
En 2025, 26,6 % des femmes en emploi travaillent à temps partiel, contre 9,2 % des hommes.
Et les femmes représentent 76,4 % des salariés à temps partiel.*
Chez les employés peu qualifiés, ça grimpe à 47,6 % des femmes.
Pratique, le temps partiel ? Oui, parfois. Quand il est choisi. Beaucoup moins quand il devient la seule manière de faire rentrer travail, enfants et contraintes familiales dans la même équation.
Le Smic reste très féminin
Autre chiffre qui pique : sur les 2,2 millions de salariés concernés par la revalorisation du Smic au 1er novembre 2024, 1,3 million étaient des femmes, soit 59,2 %.* Elles ne représentent pourtant que 45,3 % des salariés du secteur privé non agricole.
Et parmi les salariés dont la rémunération totale reste inférieure à 1,05 Smic, 60 % sont des femmes.*
Le travail féminin n’est donc pas seulement moins payé. Il est aussi plus souvent fractionné, interrompu, réduit.
La communication et le marketing ont beau être des métiers très féminisés, le digital n’échappe pas au plafond de verre… ni au plancher de verre.
Dans les professions du numérique, les femmes ne représentent que 24 % des effectifs en 2025. Et elles ne sont pas réparties au hasard : elles sont davantage présentes dans les métiers de communication, d’interface utilisateur et de création numérique, tandis que les métiers techniques restent largement masculins.*
On a l’exemple de Publicis publiant ses chiffres : les femmes représentent 52,4 % des effectifs, mais seulement 28 % des équipes Data & Tech, contre 56,5 % dans le management des clients.*
Autrement dit : les femmes sont représentées dans les métiers du digital, OK. Mais pas forcément là où se trouvent les métiers les plus techniques, les plus rares;.. et potentiellement les mieux valorisés.
L’IA va changer tout ça pensez-vous ? Que nenni. On vous le disait déjà en 2024 « L’IA creuse les inégalités hommes-femmes » avec cette étude montrant que plus de 7 talents sur 10 qui déclarent dans leur profil professionnel savoir maîtriser les outils d’intelligence artificielle sont des hommes (71%).
1 homme sur 2 a déjà eu accès à l’IA dans le cadre de son travail. Contre 1 femme sur 3.
On propose presque 2 fois plus qu’aux femmes les formations IA aux hommes d’ailleurs.
Et à la fin, l’addition
En 2024, dans le secteur privé, le revenu salarial moyen des femmes était encore 21,8 % inférieur à celui des hommes. Oui, vous avez bien lu, 22% de moins ( ! ) Même à temps de travail identique, l’écart reste de 14 %.*
Alors oui, l’écart se réduit. Depuis 1995, il a diminué d’un tiers.
Mais à ce rythme-là, on pourrait peut-être éviter de parler de « progrès » trop vite.
Le travail féminin n’est plus une question de participation au marché de l’emploi. C’est une question de valeur. Tant que les femmes seront plus nombreuses dans les emplois à temps partiel, les moins rémunérés ou les moins techniques, l’égalité professionnelle restera surtout… professionnelle dans les discours.
*Sources 2024 et 2025 : Insee (Temps de travail e quotité travaillée selon le sexe, Photographie du marché du travail, Ecart de salaire entre femmes et hommes, Femmes et professions du numérique), Dares (Combien de salariés rémunérés au smic), Publicis (document enregistrement universel)…
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