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Combien de temps pour retrouver un job aujourd’hui ?
Respirez.
Il y a 10 ans on écrivait un premier article sur le sujet, on remet les chiffres à jour — et surtout, on remet un peu de réalité, de contexte et d’humanité dans cette question qui obsède tous les candidats.
Une question simple. Une réponse beaucoup moins.
« Combien de temps faut-il pour retrouver un emploi ? »
C’est probablement l’une des questions qu’on nous pose le plus chez Elaee. Et comme en 2016 ou dans cette récente interview « tout savoir sur le recrutement dans la com », la réponse est toujours la même : ça dépend. Pas très satisfaisant, on le sait. Pourtant, c’est la seule réponse honnête.
Car une recherche d’emploi n’est ni un sprint, ni un concours, ni une science exacte. C’est un parcours. Et parfois, un parcours un peu cabossé.
Les chiffres ont changé… mais pas tant que ça
En 2016, on citait des études évoquant jusqu’à 14 mois pour retrouver un emploi. Presque dix ans plus tard, la durée moyenne a légèrement baissé, sans pour autant devenir confortable.
Selon les données récentes de Pôle emploi / France Travail, la durée moyenne d’inscription est aujourd’hui d’environ 308 jours, soit un peu plus de 10 mois (données 2023). Ce chiffre ne dit pas combien vous allez mettre, mais il raconte une chose essentielle : chercher un job prend du temps, même quand on fait les choses sérieusement.
Et non, ce n’est pas un bug du système. C’est le système.
La moitié des candidats s’en sort en moins de six mois… l’autre moitié non
Les chiffres montrent qu’environ 45 % des demandeurs d’emploi retrouvent un travail dans les six premiers mois, et un peu plus de 60 % dans l’année. Dit autrement : oui, certains retrouvent vite. Et non, ce n’est pas le cas de tout le monde.
Ce décalage est souvent vécu comme une injustice personnelle. En réalité, c’est surtout une question de contexte, de timing, de marché — et parfois de chance, même si personne n’aime l’entendre.
L’âge, le secteur, la géographie : les mêmes facteurs qu’hier, en plus marqués
Comme en 2016, l’âge reste un facteur déterminant. Les études récentes montrent que les moins de 35 ans retrouvent un emploi plus rapidement que les profils plus seniors. Passé 50 ans, la recherche s’allonge souvent de plusieurs mois. Ce n’est ni juste, ni logique, mais c’est un fait.
Le secteur d’activité pèse aussi lourd dans la balance. Certains métiers recrutent en continu, d’autres fonctionnent par à-coups. Dans les métiers de la communication, du marketing ou du digital — que nous connaissons bien — le niveau de concurrence reste élevé, et les process se sont allongés. Plus d’étapes, plus de validations, plus d’attente.
Le critère de la rareté des postes entre aussi en ligne de compte. En toute logique, plus vous avez un niveau de responsabilités haut, moins vous avez de concurrents tenant le même poste, et moins vous avez d’opportunités pouvant correspondre. Il y a plus d’offres d’emploi de chargé.e de communication que de directeur.trice de communication. Logique.
Enfin, la localisation continue de jouer un rôle non négligeable. Chercher à Paris, Lyon ou dans une zone moins dense économiquement n’offre pas les mêmes opportunités, ni les mêmes délais. Là encore, rien de nouveau, mais des écarts qui se confirment.
Un marché plus lent, plus prudent, plus silencieux
Depuis 2024, les entreprises recrutent autrement. Moins dans l’urgence. Plus prudemment. Les offres existent, mais les décisions prennent du temps. Beaucoup de temps.
Côté candidat, cela se traduit par des process interminables, des entretiens qui s’enchaînent sans réponse claire, des silences qui n’ont rien de personnel mais qui finissent par peser lourd. Très lourd.
Et c’est souvent là que le doute s’installe.
Ce que les chiffres ne diront jamais sur votre recherche
Ce que les statistiques ne mesurent pas, en revanche, c’est l’énergie que demande une recherche d’emploi. L’impact sur la confiance, l’estime de soi, la motivation. En 2016 déjà, on le disait : le plus difficile n’est pas toujours de chercher, mais de tenir dans la durée.
Comparer sa recherche à celle des autres est probablement la pire idée possible. Il y aura toujours quelqu’un qui retrouve en deux mois — et quelqu’un d’autre en deux ans. Ni l’un ni l’autre ne définissent votre valeur.
Non, votre recherche n’est pas “anormalement longue”
Si votre recherche dure plusieurs mois, vous n’êtes pas en train d’échouer. Vous êtes juste dans la moyenne d’un marché complexe, mouvant, parfois contradictoire.
La bonne nouvelle, c’est que ces délais ne sont pas figés. Le réseau, un positionnement clair, des candidatures ciblées, des rencontres de qualité, un accompagnement adapté peuvent réellement faire la différence. Et souvent, le déclic arrive là où on ne l’attend pas.
En clair ?
Chercher un emploi aujourd’hui prend du temps. Plus de temps qu’on ne l’imagine. Plus de temps qu’on ne voudrait. Mais ce temps n’est ni un jugement, ni un verdict.
Chez Elaee, on rencontre chaque jour des candidats brillants qui doutent — juste parce que leur recherche dure. Et chaque jour, on voit aussi que ce doute n’est pas un indicateur de compétence.
Parfois, comprendre le marché permet simplement de se dire :
« Ok. Ce n’est pas moi. Je continue. »
Et ça, c’est déjà beaucoup.
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