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Ce que l’ennui révèle vraiment des équipes… et du pouvoir
Quand l’ennui devient une stratégie (et pourquoi les meilleurs managers devraient l’apprivoiser).
Dans l’article précédent « s’ennuyer ça s’apprend et c’est une compétence sous-cotée », on a parlé de l’ennui comme d’un espace personnel nécessaire pour penser, créer, respirer. Mais dès qu’il devient collectif, l’ennui change de statut : il n’est plus intime, il devient politique.
Un collaborateur qui s’ennuie ne dit pas simplement « je n’ai rien à faire ». Il dit souvent : « je ne vois plus à quoi je sers ».
Au passage, on a tous entendu ce refrain : on s’ennuie davantage dans le public que dans le privé. Cliché ?
En réalité, les travaux en psychologie du travail montrent que l’ennui ne dépend ni du statut, ni du secteur, mais du sens, de l’autonomie et de la capacité à agir.
L’ennui au travail : pas un manque d’activité, un manque de sens
Parce qu’on peut être très occupé — réunions, mails, projets — et en même temps profondément ennuyé. Ce n’est pas la même chose.
L’ennui apparaît lorsque le travail devient mécanique, déconnecté de toute projection ou utilité perçue.
C’est un signal interne qui vous pousse à chercher du sens ou, à défaut, à vous désengager silencieusement.
Dans les équipes, ce signal est précieux. Ignoré, il mène au cynisme. Écouté, il peut déclencher une remise à plat salutaire.
Pourquoi l’ennui met les managers mal à l’aise
Parce qu’il questionne l’organisation elle-même.
On le sait, notre époque valorise l’activité visible plus que la réflexion réelle. Tu pars à 18 h t’as pris ton après-midi ?
Quand il est collectif, l’ennui fait émerger des questions inconfortables :
Pourquoi fait-on ça ainsi ? Est-ce encore pertinent ? À quoi sert vraiment cette réunion ?
Autrement dit : l’ennui met à nu les angles morts du pouvoir et des process.
Quand l’ennui devient un levier (et non un risque)
Les équipes qui fonctionnent le mieux ne cherchent pas à éradiquer l’ennui, mais à le canaliser : temps sans livrable immédiat, espaces de réflexion, marches collectives — un sujet qu’on aime bien chez Elaee vous le savez.
Ce sont souvent dans ces moments-là que naissent les vraies décisions stratégiques, celles qui ne rentrent pas dans un brief.
À retenir (vraiment)
✔ L’ennui est un signal, pas un défaut
✔ Il parle de sens, pas de paresse
✔ Il révèle les failles organisationnelles
✔ Il exige un leadership suffisamment mature pour être entendu
Et après ?
Si l’ennui dit autant de choses sur les équipes… Que dit-il de la culture d’entreprise elle-même ? C’est l’objet du troisième et dernier billet à venir :
Ce que l’ennui révèle (vraiment) de votre organisation.
Promis : ce sera inconfortable.
Donc nécessaire.
Article précédent S’ennuyer, ça s’apprend (et c’est une compétence sous-cotée)
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