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La détresse des communicants seniors en manque de job
Pourquoi petit d’ailleurs, petit est un mot péjoratif, un mot qu’on a clairement trop entendu lors de cette rencontre.
Chassons le péjoratif
Etre senior c’est déjà une croix c’est vrai (même si on ne sait pas à partir de quel âge on est vieux). Parce qu’on se sent mis sur la touche. Parce qu’on doute de ce qu’on sait. Et parce qu’on n’aime pas l’image qu’on renvoie.
Je sais ce que c’est, j’étais la plus âgée du groupe de travail.
Or, il faut – évidemment et ça commence par là – changer cette façon de voir les choses. On n’est pas vieux, on est expérimentés.
Si on n’y croit pas nous-mêmes on ne pourra convaincre personne.
Tout ce savoir accumulé est une richesse vitale pour l’entreprise qui cherche toujours à produire plus, à être de plus en plus rentable.
Un marché de l’emploi en crise
J’ai eu face à moi des professionnels clairement dépréciés, insécures, avec un manque certain d’assurance par rapport à leurs expertises.
Certes, le marché de l’emploi dans les métiers de la communication est tendu.
D’une part en nombre de poste : les jeunes diplômés en communication et marketing sont toujours de plus en plus nombreux, chaque année. Plus de 60 écoles de communication donneraient plusieurs dizaines de milliers d’étudiants par an.
Et d’autre part pour la place de ce métier qui perd de la valeur : de moins en moins de budgets, de moins en moins dans les comex, etc.
On ne va pas fermer les yeux, OK.
Mais cette posture négative générale m’a surprise.
Parce que les professionnels que j’avais en face de moi ont oublié les acquis qui sont les leurs… qui est une force incommensurable par rapport à tous leurs… concurrents.
Réalité versus compétences
Parce que les communicants de cet atelier étaient peu conscients de leurs atouts.
De leur savoir déjà, chacun dans son propre métier. J’ai noté d’ailleurs que plusieurs développaient leur talent en communication corporate, or c’est une spécialisation dont bon nombre d’entreprise ont besoin (on a chez Elaee recruté pas mal en corporate ces derniers mois).
Mais il se sont montrés aussi peu conscients de leur capacité à adresser leur propre marché. En effet, un jeune diplômé n’a pas encore de réseau professionnel, ne sait pas ce dont une entreprise a besoin, comment elle fonctionne, et il s’est peu challengé à d’autres équipes, managers, employeurs, recruteurs…
Alors comment on fait pour trouver un job ?
Bien sûr c’est facile pour moi, je suis de l’autre côté de la barrière, je recrute. Mais je n’ai pas oublié l’incertitude, le stress et l’inquiétude que revêt la recherche d’emploi.
Mais je sais aussi ce qui fait la différence auprès d’un recruteur, d’un RH ou d’un employeur. Et j’ose dire c’est beaucoup plus facile qu’on ne le croit de faire passer son CV sur le haut de la pile.
Comment ?
En soignant sa candidature : qui mieux qu’on communicant saura :
- Effectuer un travail de veille pour trouver les bons interlocuteurs (évidemment d’abord dans son propre réseau)
- Faire un CV percutant avec une belle présentation, avec des titres clairs, une structure propre, une promesse métier immédiate (à mettre tout en haut du CV genre « Communication corporate & contenus BtoB »… On vous fera passer toute une liste de conseils pour CV via la newsletter Elaee sous peu.
- Mettre en avant des résultats concrets, des preuves visibles., des expériences racontées avec impact. Idéalement avec des chiffres (je mets dedans le compte LinkedIn).
- Une belle plume et pas de faute d’orthographe (ce point là fait déjà éliminer presque la moitié des candidatures, si, si… ;-(
- Une personnalisation travaillée (le copier-coller et le chatGPT sont repérés à des km)
- Des recommandations crédibles ou traces de confiance : citations, témoignages, collaborations visibles…
- Et puis plein d’autres points qu’on a abordé à l’oral (ah oui l’oral un autre savoir-faire de communication à ne pas oublier !) genre la photo, le salaire, la lettre de motivation, ce qu’attendent les recruteurs, ce qu’ils lisent vraiment ou pas, etc.
Je finirai pas un point pour moi vital que je nommerai l’énergie. Elle recoupe différents savoir-être avec en tête de liste la « fameuse » curiosité que chaque candidat doit pouvoir prouver. Mais aussi l’enthousiasme, la capacité à rebondir, l’envie, la motivation…
Finalement, ce qui frappe dans ces ateliers, ce n’est pas le manque de compétences. C’est la violence lexicale avec laquelle beaucoup de communicants parlent d’eux-mêmes.
Comme s’ils rédigeaient leur propre anti-recommandation.
Alors commençons par là : sachons reconnaître nos savoir-faire et savoir-être et mettons-nous en action pour convaincre. Les communicants sont les mieux placés pour faire des messages qui mèneront à la réussite.
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