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Un job tout doux… où les soft (très soft) skills sont obligatoires
Et non, ce n’est pas une blague. Le métier existe bel et bien : câlineur ou câlineuse professionnelle. Si on fait un petit tour sur Cuddle Comfort, on découvre une impressionnante galerie de profils. Enfin… surtout des filles. Et certaines sont bien jolies, ce qui ne gâche manifestement rien au succès de la plateforme.
Le principe ? Payer pour obtenir un moment de proximité physique, dans un cadre défini à l’avance et sans relation sexuelle. On vient pour un câlin, on repart avec un câlin. Pas avec un contrat CDI avec période d’essai (ni un rencart horizontal).
Un métier qui a déjà traversé les frontières
Le phénomène n’est pas cantonné aux États-Unis. Cuddle Comfort recense actuellement plus de 12 000 professionnels aux USA, mais aussi des câlineurs au Canada, au Royaume-Uni, en Australie et à Singapour. Londres, Toronto, Melbourne ou Sydney figurent parmi les villes où l’offre est particulièrement présente.
Au Royaume-Uni, par exemple, la plateforme affiche des professionnelles facturant autour de 70 à 120 livres de l’heure, selon les profils. En Australie, le tarif de référence affiché est de 100 dollars australiens de l’heure.
Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, il ne suffit pas d’être disponible et équipé de deux bras. Les plateformes insistent sur les limites, le consentement, la fiabilité, l’écoute et le respect. Certaines professionnelles proposent même un entretien préalable avant la première rencontre.
Autrement dit : les fameuses « soft skills » sont ici carrément le cœur du métier.
Le grand retour du contact humain
Amusant sûrement. Mais ça raconte aussi quelque chose de très sérieux sur notre époque.
Nous passons nos journées à communiquer à distance, à travailler en visioconférence, à envoyer des messages plutôt qu’à téléphoner, à liker plutôt qu’à rencontrer. Même nos assistants sont désormais virtuels.
Et voilà qu’apparaît un métier dont le principal outil de travail est… le corps humain. Et l’objectif : faire du bien à un autre.
Le besoin de lien n’est pas une lubie de câlineurs californiens. L’OMS estime qu’une personne sur six dans le monde est concernée par la solitude, avec des conséquences sur la santé et la qualité de vie.
Alors oui, on peut sourire devant le culot de cette offre. Mais derrière le tarif à l’heure et les profils souriants se cache une question plutôt intéressante pour le monde du travail : que vaudront demain les compétences que les machines ne peuvent pas vraiment remplacer ?
L’écoute. L’empathie. La présence. Le contact. La capacité à créer de la confiance.
Et si le futur était finalement très physique ?
Après avoir tout dématérialisé, automatisé et virtualisé, peut-être allons-nous redécouvrir des choses étonnamment basiques.
Se parler en face-à-face. Se serrer la main. Se retrouver autour d’une table. Travailler ensemble dans la même pièce. Et, pour certains, donc… être pris dans les bras d’un.e autre.
Dans le monde incertain où l’on vite (guerres, climat, IA, emploi, élections, ouh la la ça fait tourner la tête et froid dans le dos) cette offre pas du tout virtuelle mais bien physique ne devrait pas tant nous étonner. Qui plus est, ce job doit parler aux communicants qui ont choisi ce métier pour le contact avec les autres non ? Alors à quand le 1er français sur la plateforme ?
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