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L’entreprise du futur existe, elle a trente ans !

Allez, ce n’est pas parce que les vacances sont là que l’on…

Allez, ce n’est pas parce que les vacances sont là que l’on doit s’arrêter de réfléchir et ne penser qu’aux problèmes de météo et de circulation routière. Aujourd’hui on repense l’entreprise, rien que ça !

Et oui parce que les révolutions managériales fièrement mises en avant tous les 10 ans semblent se succéder sans jamais rien changer (ou si peu) sur l’organisation du travail dans la majorité de nos entreprises. Pas de politique là dedans mais juste un constat de bon sens, notre modèle est essentiellement fondé sur la contrainte, que ce soit celle des horaires, de la hiérarchie, des objectifs, d’un éventuel code vestimentaire etc., bref sur toutes ces règles mises en place pour assurer le « travailler ensemble » dans l’entreprise. Car s’il est généralement admis que tout verrouiller n’est pas la meilleure solution (même si on sait que bon nombre de managers sont encore sur ce modèle), on a tout de même du mal à voir comment faire sans un minimum de règles. Seuls les coopératives et les mutuelles réussissent à sortir en partie de ce schéma en adoptant des structures relativement démocratiques, reste que cette forme d’entrepreneuriat est  marginale malgré son ancienneté.

Alors on fait quoi ? Et bien on peut commencer par se pencher sur le cas de la SEMCO, une entreprise brésilienne industrielle que reprend Ricardo Semler à son père dans les années 80. En deux décennies il pose les bases d’une entreprise révolutionnaire qui va connaître un succès toujours pas démenti.

Son credo ? Ne pas prendre les gens pour des adolescents si vous voulez qu’ils se comportent en adultes.

Les conséquences ? L’abolition de la plupart des règles qui régissaient l’entreprise : prise des décisions de manière collective, fin des horaires fixes, quasi-disparition de la hiérarchie, absence de contrôle, une organisation par petites équipes en mode projet… Les salariés, quasiment en autogestion, décident des orientations de l’entreprise, fixent les salaires et se répartissent eux-mêmes le travail.

La bonne marche de l’entreprise est assurée par le collectif, l’esprit d’équipe limitant le risque de tires-au-flanc (ce qui est bien moins coûteux qu’un système complexe de surveillance et de contraintes). Ricardo Semler a été jusqu’à se retirer la possibilité d’imposer son veto aux décisions prises par ses salariés. Courageux non ?

Le plus incroyable dans tout ça, c’est que cela fonctionne ! L’entreprise a connu une croissance annuelle de plus de 25% jusqu’aux années 2000 et continue toujours de croître aujourd’hui, après avoir dépassé avec succès la crise de l’industrie brésilienne au tournant du siècle.

Ce PDG tout sauf illuminé se consacre désormais à la diffusion de son expérience et du modèle qu’elle sous-tend en écrivant des livres (Maverick en 1988 et The Seven-Day Week End en 2003) et en faisant le tour des plus grandes écoles de management.

Que retirer de cette belle histoire ? Qu’il faut faire la révolution demain dans nos entreprises ? Que « travailler mieux » n’est pas une utopie ? Ricardo Semler nous prouve en tous cas que la contrainte et la rémunération ne sont pas les seuls moyens de motiver un salarié et que la possibilité de s’investir dans son travail reste sans conteste un moteur bien plus fort. Et puis il nous rappelle que faire confiance aux gens reste peut-être le meilleur moyen de ne pas être déçus…

9 commentaires sur “L’entreprise du futur existe, elle a trente ans !”

[…] This post was mentioned on Twitter by Stephane Langonnet and Xav., Elaee. Elaee said: Sur le blog aujourd'hui : L’entreprise du futur existe, elle a trente ans ! http://bit.ly/bkEVfp […]

RAphaelle dit :

Après le management autoritaire (type armée), le management taylorien (où l'ouvrier est outil de production), voilà le management participatif. Bel exemple que voilà mais malheureusement exceptionnel aussi parce que rare.

Et si c'était vraiment ça l'entreprise 2.0. L'entreprise Open Source et communautaire !

J'aime beaucoup la phrase : "Ne pas prendre les gens pour des adolescents si vous voulez qu’ils se comportent en adultes." Elle est riche d'enseignements et de sagesse. Cette phrase me fait vraiment réfléchir.
Je pense néanmoins qu'il faut une dose d'arbitrage dans tout cela. Si certains managers se comportent comme de vrais imbéciles, il n'est pas rare non plus de voir des "collègues" se comporter en véritables vipères pour leurs semblables.

Najette dit :

En même temps, faire confiance aux salariés ramène à la dure réalité des effets que l'on connaît dus aux effets de groupe et à notre pauvre nature humaine qui ne fait pas que du bon. Il n'a qu'à regarder toutes les guerres sur le globe ou tout simplement un stade de foot pour voir que lorsqu'on laisse faire les hommes, il n'y a pas que du bon. Dans le travail collectif c'est pareil. Harold a raison, un minimum d'arbitrage est nécessaire.

Margot dit :

Le jour où ça aura la moindre chance d'être appliqué en France, pays de culture bourgeoise accro aux grandes écoles obsolètes, on sera tous morts depuis belle lurette.

@ Margot Ne soyons pas aussi pessimistes … il y aussi des "SEMCO" en France.

Il y a en France un exemple connu, c'est celui de Jacques Benoît, patron des cacahuètes Benoît, un autodidacte qui n'hésitait pas à se faire noter et élire chaque année par ses salariés. Ecrivain et intervenant en grandes écoles lui aussi, il a son fanclub sur FB : http://www.facebook.com/group.php?v=wall&gid=13809676142

Marion dit :

à l'heure de la reprise ça fait du bien. J'ai travaillé il y a 30 ans dans une entreprise gérée de cette façon en Californie…j'en ai encore la nostalgie !

Eric Savina dit :

Bonjour,

Je viens de découvrir cet article en faisant des recherches sur SEMCO. Je pense que ce qu’il manque à ce jour pour que cette méthode révolutionnaire de management se développe un peu dans notre pays, ce sont des exemples concrets. Par exemple, on sait beaucoup de choses sur SEMCO et pourtant, qui peut me dire comment les salaries s’autogèrent ? Y a-t-il toujours un « middle-management » ? Qui est responsable lorsque un projet est un échec ? (…).

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