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65%
des CV sont des faux. CV enjoliveur ou CV trompeur ?

Où commence l’amélioration d'un CV et où se termine le mensonge ? Est-ce « tromperie » que d’enjoliver son CV ?

65%des CV sont des faux. CV enjoliveur ou CV trompeur ?

Tout le monde le sait, il est de bonne guerre d’AMELIORER un CV avec quelques informations floues, perdues ou… erronées.
Certes, il faut que les candidats sachent mettre en valeur leur parcours, c’est un fait acquis. A la guerre comme à la guerre, les places sont chères donc il faut faire la différence (beaucoup de poncifs oui, mais c’est clair non ?).
Mais le fossé se creuse entre employeurs et candidats sur la véracité des CV.
Avec un chiffre impressionnant : 65% des CV sont faux*.

C’est quoi un faux CV

Au cours d’un de mes premiers recrutements, j’étais alors graphiste et recherchais un créatif adjoint, je me trouve face à un jeune candidat, fier de me montrer ses propres réalisations dans son book. Qu’elle n’a pas été ma surprise de l’entendre énoncer une marque que je connaissais bien. Et une réalisation print que je connaissais bien. Une publicité qu’il n’a assurément pas fait lui-même. Et pour cause, c’est moi qui l’avais signée !

Ma première expérience en recrutement (je n’avais alors pas encore choisi de faire d’en faire mon métier) est symptomatique de cette tendance, difficile à bien doser, elle qui consiste à « savoir arranger son CV ».

Des mensonges de part et d’autre

D’abord il faut comprendre les raisons de ces faux renseignements. Un chiffre est particulièrement affolant c’est celui des 91% des candidats présentant un faux CV qui affirment que ce n’est pas grave de mentir à ce sujet car après tout, les entreprises leur mentent aussi*.
Souvent en effet, les candidats considèrent (parfois à raison) que les employeurs ou les recruteurs ne sont pas non plus complètement transparents : fausses offres d’emploi, omissions ou mensonges sur la description de poste, etc. Que de vilaines choses qui leur donnent quelques raisons de se défendre c’est vrai.

Savoir se vendre sur son CV

Elaee CV faux ou enjolivés

En tant que recruteurs, nous pouvons témoigner, durant ces dernières années, du changement apporté autant à la rédaction d’un CV qu’à la préparation d’un entretien.
Il est très facile dorénavant de regarder sur internet pour avoir les meilleures chances d’avoir un CV séduisant et d’arriver fin prêt.e à l’entretien d’embauche.
Mais les écoles (de commerce en premier lieu) ainsi que les services de Pôle Emploi ou de l’Apec (gratuits) donnent eux-mêmes des conseils à la limite du raisonnable.

Ce n’est pas chose aisée que de savoir se vendre, c’est vrai, et il n’est pas rare d’ailleurs qu’un candidat nous dise : « c’est le conseiller Apec qui m’a dit qu’il valait mieux ne pas montrer cette expérience-là ! »

De fait, « arranger » son CV est un exercice complètement passé dans les usages habituels. Pire, celui qui ne ment pas (un petit peu) passe pour moins malin que les autres…

Sur quoi on ment sur son CV

L’étude* indiquant 65% de CV faux donne des chiffres précis.
En premier lieu, elle montre que les candidats surestiment leur connaissance des langues étrangères dans 64 % des cas. Do you speak english? Yes as Brian.
La durée de chaque expérience correspond à la réalité dans 61 % des cas. Il s’agit vraisemblablement des fameux « trous dans le CV » que les experts cités ci-dessus conseillent de cacher.
Le poste occupé correspond à la réalité dans 53 % des cas seulement.
Les responsabilités exercées ne correspondent pas à la réalité dans 65 % des cas, soit parce que le candidat a exagéré ses responsabilités réelles, soit parce qu’il les a minimisées. C’est certainement en raison des listes de mots-clefs (copiés-collés via internet) que les candidats ont de plus en plus tendance à aligner.
Les diplômes possédés par le candidat sont différents de ceux figurant sur le CV dans 29 % des cas, soit parce le candidat s’est attribué un faux diplôme, soit parce qu’il a éliminé un vrai diplôme. Là, on soupçonne l’institut de ne pas vouloir paraître trop méchant car, vraiment, il y a des diplômes qu’on décide d’enlever sur son CV ? ? ?
L’étude évoque enfin ces candidats qui ont augmenté leur rémunération actuelle dans 52 % des cas. Vaste débat, on y reviendra bientôt car on est en train de préparer la mise à jour de nos grilles de salaires.

Le risque de la multiplication des données

Attention, aller un cran trop loin dans l’enjolivement peut avoir de graves conséquences. Avec la maîtrise de modes de recherche élaborés et la parfaite connaissance des réseaux sociaux, les recruteurs en cabinet ou au sein des services RH, sont de plus en plus à l’aise pour collecter de la donnée.
Ils font partie de ces expert du « fact checking » (vérification des faits) qui traquent la fausse information. Et, aidés par les algorithmes et les progrès technologiques, ils y arrivent de mieux en mieux.

La vitrine de l’entreprise

Intégrer un « mauvais » élément est un risque aussi bien interne (mauvaise ambiance, dégradation des relations, effet du « mouton noir » au sein d’une équipe, etc.) qu’externe. Qui peut coûter très cher à l’entreprise.
Les collaborateurs étant de plus en plus partie prenante de la notoriété et du discours de marque de l’entreprise, on imagine facilement qu’une erreur « sur la personne » est un risque qui peut amener la résonnance médiatique d’une « affaire » qui nuira à l’entreprise.
D’ailleurs, 87% des collaborateurs estiment que c’est une responsabilité principale de l’entreprise que de protéger ses collaborateurs en s’assurant de la qualité de ses recrutements (étude Sterling).

Enjoliver, améliorer, transformer

Certains candidats expliquent qu’une amélioration en douceur de la réalité n’est au fond qu’un maquillage pour se rendre plus séduisants.
En tant que recruteur, on est là en droit de se poser des questions non ?
Tout du moins on peut se demander si le candidat dont on lit le CV est :

  • un doux rêveur : on va donc dire « innocent » et ses petits arrangements ne lui seront pas reprochés,
  • un parfait enjoliveur : calculateur certes mais vendeur, on pourra donc apprécier sa maîtrise,
  • ou bien un pur menteur : ce 3e cas étant éliminatoire on est d’accord.

Voilà qui nous amène à une double-conclusion : recruter est un acte de plus en plus difficile à maîtriser (oui, on sait, on vous l’a déjà dit) et il y a encore du chemin à parcourir afin qu’on sache recruter sur des compétences, des valeurs, des acquis, des personnalités, des soft skills… et pas seulement sur un CV.

* L’étude de Florian Mantione institut a été réalisée auprès de 289 chefs d’entreprise, 50 directeurs des ressources humaines et 100 candidat.

Illustration réalisée par Your-Comics, studio motion design Paris

3 commentaires sur “65%
des CV sont des faux. CV enjoliveur ou CV trompeur ?”

Je suis impressionné par les ratios que livrent Sterling (désolé) et vos autres sources. Ça explique peut-être pourquoi j’ai été si souvent écarté de postes qui me semblaient correspondre parfaitement… L’honnêteté paye toujours, mais moins vite que la filouterie, c’est vrai… 😉

Ces chiffres sont affolants et comme Hervé, je comprends mieux pourquoi j’ai pu être écartée de certains recrutements
Merci pour ce partage d’informations
Bonne journée

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